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Histoire d'Éphèse

09-07-2026 Explorer Éphèse
Histoire d'Éphèse

Selon la légende, Éphèse aurait été fondée par les Amazones et aurait été nommée d’après la reine de la tribu. On dit que les Cariens et les Lélèges furent les premiers habitants de la ville. Une deuxième légende affirme qu’après la chute de la ville, Androclos, le fils de Codrus d’Athènes, la rétablit à un endroit que lui avaient indiqué un poisson et un sanglier.

Au VIIe siècle av. J.-C., la région fut dévastée par l’invasion des Cimmériens. La défaite du roi lydien Crésus face à Cyrus, roi de Perse, permit à la Perse d’avancer sur Éphèse. Les cités ioniennes se révoltèrent contre la Perse, mais Éphèse se dissocia rapidement des autres et échappa donc à la destruction.

Au IIIe siècle av. J.-C., Alexandre le Grand tenta de chasser les Perses d’Asie Mineure. Le règne d’Alexandre inaugura cinquante ans de paix. À sa mort, Lysimaque, qui avait été l’un des douze généraux devenus souverains d’un État, décida de développer la ville. Il construisit un nouveau port, érigea des murs de défense et déplaça toute la ville de quelques kilomètres au sud-ouest de son emplacement d’origine. Lorsque les Éphésiens ne voulurent pas partir, Lysimaque fit obstruer le système d’égouts afin qu’il déborde pendant une tempête et rende les maisons inhabitables. En 281 av. J.-C., la ville fut refondée (à nouveau) et devint l’un des ports commerciaux les plus importants de la Méditerranée.

En 129 av. J.-C., les Romains profitèrent des dispositions du testament du roi de Pergame, qui laissait la province d’Asie être gouvernée par l’Empire romain. À cette époque, Éphèse comptait plus de 200 000 habitants et était l’une des plus grandes villes du monde.

Au Ier siècle av. J.-C., les lourdes taxes imposées par Rome poussèrent Mithridate à déclencher une mutinerie contre l’autorité romaine. Trois ans plus tard, Sylla mena un massacre dans la ville et la remit sous domination romaine.

C’est sous le règne d’Auguste que furent construits la plupart des bâtiments que nous admirons aujourd’hui. Un tremblement de terre au Ier siècle apr. J.-C. entraîna une importante reconstruction. Éphèse redevint alors un centre commercial et de commerce très important ainsi qu’un grand centre politique et intellectuel.

À partir du Ier siècle apr. J.-C., Éphèse fut visitée par des disciples chrétiens cherchant à diffuser la foi chrétienne. Éphèse était un point majeur reliant de nombreuses personnes entre l’Orient et l’Occident. Elle bénéficiait également d’un climat exceptionnellement agréable et la ville était le centre du culte d’Artémis. La ville, avec son mode de vie très avancé, son niveau de vie élevé, sa démographie variée et sa culture polythéiste, aurait été un lieu idéal pour le travail de conversion des chrétiens.

Saint Jean et Saint Paul se rendirent tous deux à Éphèse au cours de leurs voyages. Saint Paul s’opposa aux orfèvres locaux lors de sa troisième visite dans la ville. Les artisans amenèrent des milliers d’Éphésiens au théâtre, où Paul prêchait, pour huer et lapider l’Apôtre. Paul fut jugé et emprisonné avant d’être forcé de quitter la ville.

La légende raconte que saint Jean l’Évangéliste vint lui aussi à Éphèse avec la Vierge Marie sous sa garde. Pendant son séjour, il lui construisit une maison et certains pensent que c’est là qu’il écrivit son Évangile. En 269 apr. J.-C., Éphèse fut mise à sac par les Goths. Le temple d’Artémis fut détruit. Le temple fut définitivement fermé sur ordre de l’empereur Théodose.

Le port abrité au milieu des routes commerciales de la mer Égée, combiné à sa situation terrestre à l’extrémité occidentale d’une grande route commerciale terrestre, a aidé la ville à prospérer. Cependant, le port qui avait d’abord assuré un tel succès à la ville fut aussi une part importante de son déplacement puis de son abandon final. Au Moyen Âge, le port montrait des signes de négligence. Les eaux fortement envasées provoquèrent l’isolement du commerce qui avait contribué à l’essor de la ville. Elles apportèrent également des maladies paludéennes. À l’époque byzantine, le port aurait été impraticable.

La nouvelle expansion du christianisme conduisit à l’abandon de tous les bâtiments liés au polythéisme. Deux conciles œcuméniques eurent lieu dans la ville et, à partir du VIe siècle, l’église Saint-Jean devint un important lieu de pèlerinage. Peu après, l’église de la Vierge et d’autres lieux de culte furent détruits lors de raids arabes.

Au VIIe siècle, la ville se déplaça vers la zone aujourd’hui occupée par la ville de Selçuk. À l’époque byzantine, Éphèse se développa progressivement autour du sommet du mont Ayasuluð. Au Moyen Âge, la ville cessa de fonctionner comme port. Elle fut abandonnée et finalement ensevelie par le paysage naturel.

Au début des années 1900, des archéologues à la recherche du temple d’Artémis commencèrent à mettre au jour la ville. Plusieurs grandes sculptures et œuvres d’art furent emportées au musée de Londres ou à l’Institut archéologique autrichien. Les fouilles se poursuivent encore aujourd’hui, des artefacts étant transférés au musée d’Éphèse, non loin du site.

Donc, l’histoire d’Éphèse n’est pas une histoire courte.